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InterviewNora BERRA

SECRÉTAIRE D'ÉTAT CHARGÉE DE LA SANTÉ

Nora Berra est la secrétaire d'État chargée de la Santé depuis 2010. Elle suit de très près les problèmes liés au cancer du sein, et a activement soutenu la campagne « Octobre rose », une opération d'envergure visant à généraliser le dépistage.

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Tous les pays sont-ils égaux devant ce cancer ?
Le cancer du sein est de loin le cancer le plus fréquent en Europe, à la fois en matière d'incidence (332 500 nouveaux cas en 2008) et de mortalité (89 560 décès). Le taux d'incidence est généralement plus élevé en Europe de l'Ouest et du Nord que dans la majorité des pays de l'Europe de l'Est. Les facteurs socioéconomiques et culturels (âge d'apparition des premières règles et de la ménopause, obésité, consommation d'alcool, etc.) expliquent en partie ces différences. L'implantation rapide des programmes de dépistage dans certains pays pourrait également expliquer certains taux d'incidence élevés. En revanche, peu de variations sont observées entre les pays concernant la mortalité par cancer du sein. On observe une légère diminution de la mortalité en France : - 1,1 % par an depuis 1994 et - 2% par an aux États-Unis depuis 1990.

Les méthodes de prévention sont-elles similaires ?
Nous savons que certains éléments de notre mode de vie influencent le risque du cancer du sein. Par exemple, le surpoids et l'obésité représentent chez la femme ménopausée un facteur de risque qui serait responsable de 5,6 % des cas. Des polluants environnementaux pourraient également contribuer au développement de tumeurs mammaires. Nous pouvons également citer bien sûr le tabagisme passif et actif.
À l'inverse, certains changements dans nos modes de vie peuvent contribuer à prévenir le cancer du sein. En France, nous avons des recommandations claires : inciter les femmes à limiter leur exposition à certains facteurs de risque tels que le surpoids ou l'alcool, et à adopter des comportements protecteurs tels que l'activité physique régulière. Le rapport du CIRC rappelle que 10 % des cancers du sein seraient évitables si la population pratiquait plus souvent une activité physique. On retrouve ces recommandations dans les différents plans de santé publique français comme le Programme national nutrition santé (PNNS).
Au niveau international, l'OMS formule des recommandations équivalentes mais il n'y a pas de programme de prévention primaire en population générale spécifique au cancer du sein.
Pour ce qui concerne plus précisément le dépistage, il est organisé différemment selon les pays en fonction de leur système de santé, des prises en charge financières et de leur culture. On peut distinguer les pays qui ont mis en place des programmes de dépistage organisés dans différents continents (Asie, Europe, Océanie) et ceux qui proposent un service fondé sur des recommandations émanant d'organismes nationaux (États-Unis, Amérique Latine).
Selon les pays, on observe une progression plus ou moins rapide dans les procédures de mise en place d'un dépistage organisé : projet pilote, programme régional, avant d'atteindre une extension nationale. Ces étapes ne sont pas présentes dans tous les pays, mais elles ont eu l'avantage d'aider au choix de la méthodologie de dépistage la plus appropriée aux caractéristiques du pays, en particulier le choix d'un système centralisé, décentralisé ou mixte tout en conservant le même bénéfice.
En Europe, le premier constat est qu'il y a davantage de programmes « établis » à l'Ouest, mais des programmes sont en cours de développement à l'Est, notamment dans les pays nouveaux entrants. En 2007, seuls 11 pays membres sur 27 avaient complètement déployé leurs programmes de dépistage, le même nombre de pays étant en phase de déploiement de leur programme. Pour 23 des 27 pays européens, le rythme entre deux dépistages est fixé à deux ans. Seuls le Royaume-Uni et Malte se situent sur un rythme de trois ans entre deux mammographies de dépistage. Enfin, toujours dans la même période, les taux de participation varient fortement d'un pays à l'autre : entre 30 % (Belgique) et 80 % (Pays-Bas).

Quel est le suivi psychologique préconisé ?
Le cancer est souvent vécu par les malades comme une rupture physique et morale et peut aboutir à la remise en cause de la vie sociale. L'accompagnement social constitue un élément essentiel de la qualité de vie des malades tout au long de leur parcours de soins, dès l'annonce de la maladie, pendant le cancer et dans la vie après le cancer.
L'impact de la chirurgie sur l'image corporelle a été largement étudié, il est difficilement dissociable des modifications induites par les autres formes de traitements (poids, peau, cheveux…). Cet impact est difficilement dissociable des autres impacts psychosociaux du cancer (atteinte de l'estime de soi et des relations affectives notamment). C'est la raison pour laquelle l'objectif de prise en charge des difficultés liées à l'image corporelle est en général inclus dans les prises en charge psychologiques des patientes, que ce soit après cancer ou après reconstruction. Ces prises en charge améliorent le bien-être, la confiance en soi, la vie relationnelle et, finalement, l'importance accordée à la perception de leur image par les patientes et l'impact de cette atteinte.

Qu'en est-il du remboursement des prestations de chirurgie plastique de réparation ?
L'accès aux traitements du cancer, et en particulier aux traitements innovants, doit être garanti à tous les malades. Une des actions du plan cancer 2009-2013 est dédiée à l'accès équitable pour les techniques de reconstruction, de symétrisation et de plastie mammaire.
Par exemple, les reconstructions de l'aréole et du mamelon sont prises en charge par la Sécurité sociale. Par ailleurs, la Haute autorité de santé a émis un nouvel avis favorable en 2011 pour le remboursement d'une nouvelle technique de reconstruction, ce qui offre une possibilité supplémentaire pour les femmes : la reconstruction mammaire par lambeau abdominal libre*.
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