Cosmétiques : tous les produits cosmétiques sur le Portail des Chirurgiens Plasticiens.

Cosmétiques

Introduction

La cosmétologie est la science de tout ce qui peut permettre à la peau de rester en bonne santé, sa mission, à l’heure actuelle, est de décorer, soigner, prévenir et réparer. La cosmétique fait appel aux chimistes et aux biologistes pour fabriquer des produits non toxiques prévenant le vieillissement cutané et redonnant à la peau un aspect lisse et jeune. Elle évolue vers une meilleure connaissance de la peau saine avec comme but d’arriver vers une formulation cosmétique la plus individualisée possible.

La cosmétologie moderne est une science complexe et pluridisciplinaire. La chimie joue un rôle fondamental dans la recherche de molécules actives et l’élaboration de nouvelles formulations. Pour compléter la qualité d’élaboration d’un cosmétique, d’autres disciplines vont graviter autour de celle-ci : la biologie, la physique, la pharmacie, l’économie, la sociologie, etc. Pour répondre aux nouveaux besoins des consommateurs dans des cadres socio-culturels variés, les technologies nouvelles sont utilisées. Tous les produits cosmétiques nécessitent des recherches, aussi bien en synthèse chimique qu’en extraction de substances naturelles, et doivent répondre à un cahier des charges strict sur la recherche de formulations intégrant aussi bien les propriétés physico-chimiques du cosmétique que la toxicité mais aussi des données sociologiques pour adapter le mieux possible le produit à la demande des consommateurs dans le monde entier.

Notre époque a une représentation assez négative du vieillissement et la cosmétologie a son rôle à jouer entre la gestion de sa propre image grâce aux cosmétiques et l’image que la société nous renvoie de nous-mêmes à travers tous les médias. Son évolution est permanente et son travail se rapproche de la prévention des agressions cutanées et de la stimulation de l’ensemble des processus de réparation de la peau. En ce sens la cosmétologie n’est pas loin de la dermatologie.

La législation européenne décrit le cosmétique comme un produit destiné à être appliqué sur les parties superficielles du corps humain (épiderme, cheveux, ongles, etc.). Il va servir à nettoyer (hygiène), à modifier l’aspect (maquillage) ou à protéger (filtres solaires, etc.). Il n’a pas de vocation thérapeutique mais il est présent sur le terrain de la prévention et de la protection.

L’augmentation du temps de loisirs a une forte influence sur les habitudes d’hygiène de la population, sur la consommation des cosmétiques et l’ensemble des articles de toilette. La cosmétologie moderne a quatre missions principales : la gestion de sa propre image, le soin de la peau, la prévention des maladies et la revitalisation de la peau.

L’image de soi est aussi liée à un ensemble d’autres moyens dont la fonction première est de mettre en valeur le corps comme la coiffure, l’habillement et les parfums, sorte de cosmétologie de « décoration ». Mais l’image de soi, c’est aussi la conservation de sa dignité au-delà des problèmes liés à l’âge ou à la maladie. La cosmétologie, en apportant un ensemble de produits adaptés, permet aux sujets âgés de conserver une certaine séduction et à travers elle de se maintenir en bonne santé. Son rôle au cours de maladies graves n’est pas négligeable, elle peut même faire partie intégrante des soins de la personne qui retrouve alors, par son intermédiaire, la dignité plus ou moins perdue à la suite de graves problèmes de santé.

Le maintien en état de la peau, de sa souplesse, de son hydratation est un de ses autres rôles. Un cosmétique adapté n’est pas un simple traitement de surface sans activité pharmacologique sur la peau sous-jacente. Il modifie les réponses cellulaires et moléculaires de l’épiderme et du derme et il a une activité biologique.

Soin de la peau normale mais aussi protection des agressions extérieures en particulier du soleil où, dans ce cas particulier, l’écran total n’existe pas et n’existera jamais. Il faut avoir conscience de ce problème car les risques associés sont le photovieillissement et les cancers cutanés. La recherche est permanente sur la compréhension des dommages cellulaires et moléculaires dus aux différents types de facteurs agressifs. La mise au point de parades efficaces liées à une information très complète pour prévenir le risque d’exposition est favorisée par l’efficacité des substances développées. Elle est active avec, par exemple, des produits stoppant le développement des antioxydants dans le domaine de la protection solaire.

L’évolution entre recherche et communication aboutit à une prévention individualisée venant en complément de la prévention collective.

Un nouveau champ d’application se développe : la cosmétologie de réparation. Dans ce cas, ce n’est plus un écran qui est offert à la peau mais une réparation des dommages à la suite d’agressions. Ce domaine est en plein développement, il impose des règles strictes car la frontière entre médicament et cosmétique s’efface peu à peu. Il est absolument nécessaire de faire appel à des professionnels de la santé parfaitement qualifiés pour garantir l’efficacité et l’innocuité des nouveaux produits mis sur le marché grâce à l’application de protocoles de contrôles bien définis et respectés.

Première partie : La Peau

1/ Constitution et morphologie

La peau est un organe très particulier, il est tout à la fois la frontière du corps, protecteur face aux agressions extérieures, organe de contact sensoriel et d’échanges, organe de communication sociale, miroir des maladies internes, des modifications environnementales et bien sûr des émotions. C’est le lieu d’échange entre soi et l’extérieur. On ne perçoit pas son reflet dans le miroir comme la vision d’un organe mais bien de soi-même, individu à part entière.

C’est l’organe le plus volumineux de l’organisme, la surface de la peau d’un individu adulte varie entre 1,5 et 2 mètres carrés, son poids total se situe entre 2 et 3 kilogrammes et son épaisseur va de 0,5 millimètre (paupières) à 4 ou 5 millimètres (haut du dos).

Trois tissus principaux constituent la peau :

Le cerveau est informé en permanence par la peau de la température, de la pression, du toucher grâce à des capteurs spécialisés se trouvant au niveau du derme superficiel. Les terminaisons nerveuses se prolongent à travers l’épiderme jusqu’à la surface de la peau.

Au niveau de la peau, la coopération étroite entre le derme et l’épiderme a donné naissance à des organes complexes appelés les annexes :

Le nombre de maladies atteignant la peau sont très nombreuses, elles peuvent être regroupées en fonction de leur cause : les agents extérieurs (froid, chaleur, soleil, rayons X, médicaments, etc.) ; les facteurs psychologiques ; les maladies circulatoires ; les maladies dues à des agents pathogènes (bactéries, virus, parasites) ; les maladies génétiques ; les troubles endocriniens et métaboliques ; les troubles immunologiques ; les troubles du système nerveux ; les tumeurs cutanées (bénignes ou malignes).

La peau est un témoin principal du vieillissement de l’organisme, trois facteurs interviennent dans le vieillissement cutané : le facteur génétique (différent en fonction des individus) ; les facteurs externes (le soleil surtout) ; les facteurs environnementaux (hygiène de vie, état de santé du sujet, etc.). La peau qui vieillit s’atrophie et s’amincit, elle va se plisser, se dessécher pour devenir plus râpeuse au toucher. Des taches apparaissent et les rides surviennent (sillons du nez aux lèvres et au front, joues).

La médecine esthétique et la chirurgie plastique esthétique peuvent aider à limiter ce vieillissement mais souvent de manière temporaire :

Pour retarder le vieillissement de la peau le meilleur facteur est la réduction de l’exposition au soleil dès l’enfance. La peau doit être protégée systématiquement par des crèmes et laits solaires adaptés aux types de peaux. Pour lutter contre le vieillissement de nombreux produits, cosmétiques et médicaments existent (à base de collagène, d’acide gras, de vitamine E, etc.). Cependant tous ces produits n’ont pas toujours d’efficacité scientifiquement prouvée.

2/ Formule des Cosmétiques

A : Évolution de la formulation des cosmétiques

La formulation cosmétique est une science complexe des associations mettant en jeu la connaissance approfondie des propriétés spécifiques des matières premières et la parfaite maitrise des opérations technologiques.

Le terme de formulation signifie la détermination précise des quantités relatives de diverses matières premières qui vont entrer dans un mélange afin d’obtenir un produit dit « formulé » stable et homogène correspondant très précisément à un cahier des charges préalablement établi par un client. L’industrie cosmétique recherche la mise en œuvre de formulation aboutissant à la création de produits efficaces, économiques, les moins polluants possible et de qualité. La qualité d’un produit cosmétique est déterminée par sa formulation. Le cosmétologue est un chimiste qui a l’art de marier les ingrédients nécessaires à un système de signalisation corporelle et de communication sociale. Le cosmétologue va rechercher la création de formulations complexes qui seront de plus en plus agréables au toucher.

La chimie initiale est dorénavant associée à la biologie pour créer des formulations cosmétiques qui vont répondre à deux préoccupations majeures : la création de cosmétiques dénués de toute toxicité et la prévention du vieillissement avec la création de formulations cosmétiques capables de redonner à la peau un aspect plus jeune.

Réaliser une formulation cosmétique, c’est réunir plusieurs disciplines scientifiques, les principales sont les suivantes : physique, physicochimie, chimie, biologie, sciences économiques et sociales, sciences humaines, etc.

À la base de la création d’une formulation cosmétique se trouve la parfaite connaissance de la peau aussi bien du point de vue morphologique que dans sa capacité de réaction vis-à-vis de différents types d’agressions : chimiques, par le soleil, etc. Cette connaissance permettra de définir la nature des substances entrant dans la composition cosmétique de mélanges actifs. Une préoccupation majeure dans l’élaboration d’une formulation cosmétique est l’exigence de sa sécurité et de sa stabilité, par voie de conséquence il convient de mettre en œuvre un ensemble de tests préalables et des examens très stricts de l’innocuité du produit cosmétique sur l’environnement biologique sur lequel il exercera ses effets.

Une formulation cosmétique doit faire coexister dans un même système des substances aux caractères de solubilité souvent très différents.

Voilà l’ensemble des substances que l’on peut retrouver dans une formulation cosmétique contemporaine :

B : Les tensioactifs, les polymères et les milieux dispersés

Le tensioactif est une molécule à la fois hydrophile et lipophile ce qui lui confère la propriété de s’orienter aux interfaces. Un produit tensioactif forme des associations sous la forme de réservoirs de substance avec les produits liposolubles ce qui permet leur dispersion dans un milieu aqueux ou avec des substances hydrosolubles pour les disperser dans un milieu organique.

En hygiène et cosmétologie les tensioactifs sont des composés indispensables pour disperser les corps gras dans l’eau. Ils constituent en quelque sorte le principe actif des agents lavants. Les tensioactifs entre dans la composition de nombreux produits cosmétiques : shampoings, produits de rinçage capillaire, bains moussants, gels douches, crèmes, lait de beauté, crèmes à raser, produits de maquillage, produits solaires, dentifrices, etc.

Ces produits cosmétiques contenant des tensioactifs doivent exercer une action superficielle sans aucun pouvoir pénétrant à travers la couche cornée. Il y a deux groupes de produits :

Les polymères sont très utilisés en cosmétologie comme une alternative aux tensioactifs. Ils sont capables d’assurer le maintien de l’humidité locale. Ces produits sont le collagène et les produits de type gélatine, les polyglucosides d’origine végétale (guar) et marine (carraghanes, chitine).

L’innocuité est le facteur principal dans le choix du tensioactif. On distingue les tensioactifs anioniques, switterioniques, non ioniques et cationiques. Ce dernier est plus irritant et n’occupe qu’une place limitée en cosmétologie.

A de fortes concentrations de tensioactifs, de nouvelles formes d’organisation voient le jour ; on parle alors de milieux dispersés. Ce sont des assemblages (agrégats) de cristaux liquides. De leur existence la cosmétologie va tirer un grand profit. Ils ont des propriétés structurantes au niveau des interfaces eau/peau et eau/cheveu et cela va conditionner la production de gels structurés (fards, onguents, crèmes et lait). Ils sont à l’origine des émulsions et microémulsions grâce à la fabrication de films interfaciaux stabilisants permettant de donner un aspect crémeux et onctueux aux produits cosmétiques.

Les émulsions sont au cœur de la création des produits cosmétiques. Grâce à elles la cosmétologie peut produire une matière recherchée sous la forme de crèmes, de laits, de lotions huileuses avec de faibles quantités de tensioactifs (entre 1 et 5%).

La composition globale d’une émulsion varie en fonction du type d’émulsionnant choisi mais les proportions relatives classiques des différents composants d’une émulsion sont les suivants :

Les tensioactifs sont des produits irremplaçables comme vecteurs en cosmétique grâce à leurs propriétés interfaciales et leur capacité à constituer et à stabiliser les assemblages. La recherche se poursuit toujours dans le but de trouver des tensioactifs de plus en plus sûrs dans une utilisation régulière.

C : Les vecteurs de substances actives : microcapsules, liposomes, vésicules.

Les cosmétiques demandent un travail de formulation de plus en plus pointu avec l’utilisation de microcapsules, de liposomes ou de vésicules qui sont des particules dans lesquelles sont introduites les principes actifs. Ces particules deviennent les vecteurs des substances actives et leur permettent de pénétrer les cellules de la peau.

La technologie de la microcapsule est une invention liée, à l’origine, au domaine de l’imprimerie puis elle s’est étendue à la pharmacie, l’agro-alimentaire et à la cosmétique. La microencapsulation est une opération consistant à emprisonner de très fines particules solides ou liquides dans une membrane. C’est cette membrane qui va jouer un double rôle capital permettant, en cosmétique, de résoudre plusieurs problèmes :

  1. Soit la membrane de la microcapsule est une barrière passive se comportant comme une paroi étanche et, en se détruisant, elle libérera le produit enfermé. Cette membrane passive est une protection du contenu contre l’oxydation, la lumière, l’évaporation mais aussi une protection de l’utilisateur (masquage du goût ou de l’odeur ; protection de la muqueuse gastrique).
  2. Soit la membrane de la microcapsule est une barrière active se comportant comme une membrane semi-perméable favorisant les échanges entre intérieur et extérieur (microcapsules comme microréservoirs, micropièges ou encore microréacteurs).

La cosmétique utilise cette méthode de la microcapsule pour protéger les substances actives (substances variées, hydrosolubles, liposolubles ou insolubles) dans les formulations et pendant leur utilisation, pour obtenir une libération lente du principe actif à la surface de la peau et pour améliorer leur pénétration (effet prolongé) à travers la surface de la peau (épiderme) et augmenter ainsi l’efficacité du produit.

Il est indispensable que cette technologie de la microcapsule assure :

D : Les gels

La cosmétique de protection a fait naitre un ensemble de crèmes, de gels, de lotions fluides, de masques capillaires ou des mousses en aérosol en utilisation régulière.

La création de préparations cosmétiques sous la forme de gel remonte à l’Antiquité, elle se faisait à partir d’empois d’amidon ou de gelée de gélatine.

À l'heure actuelle une des présentations très recherchées reste le gel car sa caractéristique principale est d’être un liquide qui ne coule pas. Le gel se forme quand des molécules en solution vont se lier en réseau et ainsi piéger un solvant. La cosmétique actuelle distingue deux types de gels :

C’est un solide mou au caractère élastique ou plastique, devenant facile à déformer. Le gel est constitué de deux composés : le solvant (liquide majoritaire) enfermé par le second composé qui est en plus petite quantité mais qui forme un filet ou un réseau à trois dimensions dans le solvant.

E : L’argile

Les compositions des produits cosmétiques renferment de l’argile ou des émulsions.

L’argile est une matière naturelle très abondante d’une grande facilité d’usage et d’approvisionnement. Les argiles sont constituées d’aluminosilicates avec une structure en feuillet bien connue des chimistes. Les propriétés physiques de l’argile sont très utiles en cosmétologie.

L’argile est utilisée comme épaississant et liant pour donner de la consistance au produit au lieu des corps gras, ce qui permet d’obtenir un produit cosmétique avec un aspect crémeux, onctueux et non gras. L’argile est un matériau naturel qui a une extraordinaire capacité à retenir l’eau. Sa fonction d’imprégnation est très remarquable. Une argile placée dans l’eau gonfle et retient l’eau.

Elle est utilisée pour ses propriétés d’hydratation et de drainage avec les masques argileux. Cette pratique très ancienne était sans doute, à l’origine, plus ornementale que cosmétique.

3/ Sécurité des produits cosmétiques (cosmétovigilance)

La qualité première attendue dans la composition d’un produit cosmétique est son innocuité totale. Le cosmétique ne doit posséder aucun effet abrasif favorisant la pénétration de germes à travers la couche cornée de la peau avec le risque de l’apparition d’une réaction inflammatoire de défense qui en découlerait. Le produit cosmétique doit répondre à de nombreux critères de stabilité et d’innocuité.

L’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a intégré dans la surveillance des ingrédients, les produits cosmétiques aux produits de santé. De plus un système de cosmétovigilance a été mis en place sur le modèle de la pharmacovigilance dans le cadre de la protection du consommateur.

A : Catégories des produits cosmétiques

Les produits cosmétiques appartiennent à des catégories variées. Ci-dessous une liste indicative par catégorie des produits cosmétiques suivant l’annexe I Dir. 76/768/CEE :

  1. Crèmes, émulsions, lotions, gels et huiles pour la peau (mains, visage, pieds, etc.)
  2. Masques de beauté (à l’exclusion des produits d’abrasion superficielle de la peau par voie chimique)
  3. Fonds de teint (liquides, pâtes, poudres)
  4. Poudres pour maquillage, poudres à appliquer après le bain, poudres pour l’hygiène corporelle, etc.
  5. Savons de toilette, savons déodorants, etc.
  6. Parfums, eaux de toilette et eau de Cologne
  7. Préparations pour bains et douches (sels, mousses, huiles, gels, etc.)
  8. Dépilatoires
  9. Déodorants et antisudoraux
  10. Produits de soins capillaires :
    • teintures capillaires et décolorants
    • produits pour l’ondulation, le défrisage et la fixation
    • produits de mise en plis
    • produits de nettoyage (lotions, poudres, shampoings)
    • produits d’entretien pour la chevelure (lotions, crèmes, huiles)
    • produits de coiffage (lotions, laques, brillantines)
  11. Produits pour le rasage (savons, mousses, lotions, etc.)
  12. Produits de maquillage et démaquillage du visage et des yeux
  13. Produits destinés à être appliqués sur les lèvres
  14. Produits pour soins dentaires et buccaux
  15. Produits pour les soins, et le maquillage des ongles
  16. Produits pour soins intimes externes
  17. Produits solaires
  18. Produits de bronzage sans soleil
  19. Produits permettant de blanchir la peau
  20. Produits antirides

B : Sécurité des ingrédients cosmétiques

Un groupe de travail intitulé « Ingrédients » a été créé au sein de l’Afssaps le 9 juillet 2004. Il est chargé d’examiner les donnés toxicologiques de tous les nouveaux ingrédients proposés dans les formulations actuelles des cosmétiques mais aussi il examine les ingrédients « classiques » ayant posé un problème au cours des années passées.

Ce groupe de travail va donner un avis favorable ou défavorable pour l’emploi de cet ingrédient mais il peut aussi préciser une utilisation dans des limites de concentration et/ou d’utilisation. Une commission de cosmétologie donne son approbation ou pas à ces avis.

Une telle décision peut être répercutée à l’échelle européenne ou simplement restée applicable uniquement en France.

Les ingrédients cosmétiques ont des origines très diverses : synthétique, animale, végétale et minérale, et pour chaque origine, il y a des règles de sécurité spécifiques.

Dans le cas des ingrédients synthétiques utilisés en cosmétique et de la même façon que pour une utilisation pharmaceutique, de nombreuses informations sont exigées sur les procédés de synthèse, les impuretés, la traçabilité et le risque toxicologique. Le programme REACH (Registration, Evaluation and Authorization of Chemicals) a été élaboré pour augmenter la connaissance sur les substances synthétiques existantes et nouvelles dans le but de promouvoir un environnement non toxique.

Les substances naturelles, fortement plébiscitées par les consommateurs, ne sont pas dénuées de toxicité et sont examinées avec beaucoup de soins par les toxicologues autant que les produits synthétiques. De nombreux ingrédients végétaux sous des formes variées (plantes entières, extraits, alcaloïdes) sont inscrits à l’annexe II de la directive Cosmétique. Les substances naturelles ont les mêmes contraintes de sécurité que les produits de synthèse. Les profils d’impuretés, les détails de la traçabilité, l’identification exacte et les caractéristiques physicochimiques doivent être fournis.

Certains ingrédients actifs d’origine végétale ont fait l’objet d’études particulières :

L’Afssaps a diffusé des recommandations relatives à l’évaluation des risques pouvant résulter de l’incorporation des huiles essentielles dans les produits cosmétiques.

Afin de renforcer la sécurité des ingrédients utilisés dans l’élaboration des produits cosmétiques, l’Afssaps demande qu’un certain nombre d’informations soient systématiquement fournies aussi bien pour les ingrédients de matières premières synthétiques que pour les ingrédients d’origine naturelle. La liste est longue et le dossier de l’ingrédient doit être suffisamment complet pour assurer la sécurité du produit cosmétique fini.

Les éléments suivants doivent y figurer : identification ; caractérisation physicochimique ; profil d’impuretés ; potentiel génotoxique en trois points : toxicité aigüe, subchronique et chronique ; tests de sensibilisation ; de phototoxicité ; de tolérance locale (oculaire, cutanée, muqueuse).

L’utilisation d’une substance en tant qu’ingrédient pour un usage cosmétique doit répondre aux critères suivants :

Ces listes sont constamment réactualisées par le SCCNFP (Scientific Committee on Cosmetic products and Non-Food Products intended for consumers) et en France l’Afssaps, la DGS (Direction Générale de la Santé) et la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) sont les autorités compétentes en matière de contrôle.

C : La sécurité et réglementation des produits cosmétiques finis

Un produit cosmétique est défini suivant la directive européenne 76/768/CEE* (art.1) comme étant « toute substance destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain (épiderme, systèmes pileux ou capillaires, ongles, lèvres et organes génitaux externes) ou avec les dents et les muqueuses buccales en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect et/ou de corriger les odeurs corporelles et/ou de les protéger ou de les maintenir en bon état. »

À l'intérieur de la Communauté Européenne les produits cosmétiques mis sur le marché ne doivent pas nuire à la santé humaine dans des conditions normales d’utilisation.

L’application locale d’un produit cosmétique est susceptible d’être à l’origine de trois types d’effets :

La directive Cosmétique rend responsable le fabriquant de la sécurité du produit cosmétique qu’il a élaboré. Dans son article 7 bis, la directive Cosmétique indique que :

«Le fabricant doit tenir à la disposition des autorités compétentes les éléments concernant la sécurité pour la santé humaine du produit fini.
À cet effet, le fabricant prend en considération le profil toxicologique général des ingrédients, leur structure chimique et leur niveau d’exposition.
L’évaluation de la sécurité pour la santé humaine est exécutée conformément aux principes de bonnes pratiques de laboratoire prévues par la directive 87/18 CEE du Conseil applicable aux substances chimiques. »

L’innocuité du produit dépend donc de celle de l’ingrédient. La commercialisation d’un produit cosmétique n’est pas soumise à une autorisation de mise sur le marché comme pour un médicament et donc le fabricant du produit cosmétique assume la responsabilité de la sécurité de son produit.

D : Expérimentation animale et produits cosmétiques

L’article 4 de la directive 76/768/CEE et la réglementation REACH prévoient la substitution, à terme complète, des tests réalisés sur les animaux et la mise en place de méthodes d’évaluations alternatives. Le nombre d’animaux encore utilisés à des fins d’expérimentation des produits cosmétiques ne cesse de baisser alors que le marché des cosmétiques est en pleine expansion.

Les méthodes de substitution concernent la conception de nouveaux essais in vitro pour les substances chimiques.

L’industrie des produits cosmétiques, en tant qu’utilisateur en aval d’un certain nombre de substances de l’industrie chimique, se base principalement sur les informations des expérimentations communiquées par le fournisseur en application de la législation relative aux produits chimiques entrant dans la composition du produit cosmétique.

Le but final est d’arriver à obtenir la garantie qu’un produit cosmétique donné sera élaboré sans recourir à l’expérimentation animale et que cela devienne un critère commun à tous les produits cosmétiques.

E : La cosmétovigilance

Afin d’aider à la surveillance de l’innocuité des produits finis mis sur le marché, au sein de l’Afssaps, il a été créé le 9 juillet 2004 un groupe de travail sur la « sécurité d’emploi des cosmétiques ». Son but est d’assurer la mise en place et le bon fonctionnement d’une cosmétovigilance.

La cosmétovigilance a pour objet de surveiller les risques d’effets indésirables attribués à l’utilisation d’un produit cosmétique dans des conditions normales d’utilisation.

La cosmétovigilance comporte  en particulier :

Cette vigilance sur les produits cosmétiques s’adresse aux hôpitaux, aux professionnels de la santé et aux fabricants.

4/ Agressions sur la peau

A : Les allergies cutanées

Dans la majorité des cas, le contact pluriquotidien avec des milliers de molécules n’engendre heureusement pas de réactions allergiques. Cependant, il existe chez certaines personnes une prédisposition génétique qui va avoir comme conséquence une hypersensibilité à certains produits particuliers. Des troubles allergiques peuvent être occasionnées par des produits comme le nickel, le caoutchouc, les détergents, les pommades, les produits cosmétiques, les colorants, etc.

L’allergie est une réaction individuelle au cours de laquelle un produit va se combiner aux protéines de la peau pour constituer l’allergène. Cet allergène n’est pas reconnu par l’organisme et devient un corps étranger que l’organisme considère comme dangereux et donc à détruire. Les cellules de l’immunité identifient cet allergène et fabriquent des anticorps destinés à le combattre. Cette phase de détection et de reconnaissance dure environ une dizaine de jours. C’est une hypersensibilité retardée. Aucun signe clinique ne se manifeste pendant cette période. Ce n’est que lorsqu’il y a un deuxième contact avec le produit responsable que l’histamine libérée par certaines cellules provoque la réaction allergique (rougeur, gonflement, démangeaisons).

Actuellement on rencontre environ 20 à 30% de réactions d’intolérance aux produits cosmétiques. C’est une réaction qui peut se produire à distance du point de contact comme dans l’allergie aux teintures capillaires qui donne un eczéma sur les bras et le tronc.

Les fabricants de produits cosmétiques sont tout particulièrement vigilants à ce problème de réaction allergique, allergie de contact qui semble être de plus en plus importante dans la population. La réaction d’irritation d’un cosmétique est rapidement décelable par des tests classiques en revanche l’effet sensibilisant peut ne pas être détecté et ne se manifester qu’après la commercialisation du produit cosmétique lors d’un usage important au sein d’une population.

B : Le soleil et la peau

Le soleil apporte lumière et chaleur, il est indispensable à la vie sur Terre par les mécanismes de photosynthèse dans le monde végétal ou comme précurseur de synthèse de la vitamine D dans l’organisme humain. Cependant, une exposition répétée et déraisonnable aux rayons solaires peut avoir des effets très néfastes sur la peau.

Le soleil fournit un certain nombre de radiations solaires qui couvrent une large gamme de longueurs d’onde. Elles vont de l’infrarouge (IR) à l’ultraviolet (UV). Seules les longueurs d’onde se situant dans les UV sont responsables du bronzage. Il y a trois types d’UV : les UVA, les UVB et les UVC. Chacun de ces UV est nocif pour la peau et cancérigène reconnu. Les UVA sont les agents du bronzage.

Quand la peau est exposée au soleil, la surface de la peau va réfléchir une partie des UV, le rayonnement restant sera absorbé par les cellules de la peau engendrant le bronzage. On distingue deux catégories de bronzage : le bronzage instantané (pigmentation directe) et à retardement (pigmentation indirecte ou retardée). Les UVA sont à l’origine du bronzage instantané, la peau se colore au cours de l’exposition puis dans les heures ou les jours qui suivent, elle recouvre sa teinte naturelle. Dans le cas du bronzage à retardement, les UVB en sont responsables, la peau se colore en deux ou trois jours puis la coloration persistera pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Dans ce cas précis la couleur est due à l’accroissement de la production de pigment foncé. La peau va s’épaissir également.

Le mécanisme de la pigmentation se développera en fonction du type de rayonnement que la peau va recevoir et de la quantité d’énergie. Les pigments responsables de la coloration de la peau sont les mélanines se formant dans des cellules spécialisées : les mélanocytes. Il y a l’eumélanine (pigment brun) et la phéomélanine (pigment rouge).

Le mélanocyte est une grosse cellule dendritique située dans la couche basale de l’épiderme (constitué à 95% de kératinocytes, dans les 5% restant on trouve les mélanocytes, les cellules de Langerhans et les cellules nerveuses).

Les mélanocytes renferment des organites particuliers : les mélanosomes qui vont synthétiser les mélanines. Ils peuvent transmettre leurs mélanosomes aux kératinocytes voisins :

C’est ainsi que les mélanosomes vont migrer jusqu’à la surface de la peau.

L’excès d’exposition solaire peut conduire à trois types de lésions cutanées :

La réaction de la peau aux UV est très variable d’une personne à l’autre et on distingue classiquement six grands types de peau ou phototypes dans la population mondiale.

Les six grands types de peau* ou phototypes cutanés

Type de peau

Traits principaux

Caractéristiques et réactivité

I

- Peau très claire
- Taches de rousseur
- Yeux clairs
- Cheveux blond/roux

- Jamais de bronzage ou très léger
- Coups de soleil : toujours, sévères
- Temps d'autoprotection de la peau : 5 à 10 minutes

 

II

- Peau claire
- Taches de rousseur : souvent
- Yeux clairs
- Cheveux clairs ou châtains

- Bronzage : à peine ou très lentement
- Coups de soleil : généralement, sévères.- Temps d'autoprotection de la peau : 10 à 20 minutes

III

- Peau légèrement mate
- Yeux bruns ou clairs
- Cheveux bruns

- Bronzage : bon, dans la mesure où la peau est exposée progressivement
- Coups de soleil : parfois, moyens
- Temps d'autoprotection de la peau : 20 à 30 minutes

IV

- Peau très mate
- Yeux bruns
- Cheveux brun foncé ou noirs

- Bronzage : rapide et en profondeur
- Coups de soleil : rares
- Temps d'autoprotection de la peau : 30 à 45 minutes

V

- Peau foncée
- Yeux foncés
- Cheveux noirs

- Bronzage : toujours, profond
- Coups de soleil : très rares
- Temps d'autoprotection de la peau : 45 à 60 minutes

VI

- Peau noire
- Yeux noirs
- Cheveux noirs

- Coups de soleil : presque jamais
- Temps d'autoprotection de la peau : 60 à 90 minutes

* Classification selon Fitzpatrick

Source : Votre peau et le soleil, Ligue suisse contre le cancer

Les produits cosmétiques de photoprotection :

La protection contre le danger du soleil et de ses rayonnements se fait tout d’abord avec des moyens simples : lunettes de soleil et vêtements protecteurs.

Les écrans solaires sont conçus pour réduire les effets des UV sur la peau, ces crèmes solaires contiennent des filtres (chimiques et/ou minéraux) qui vont servir à réfléchir et atténuer les effets des radiations lumineuses. Une formulation cosmétique solaire appliquée sur la peau va la protéger contre les rayonnements agressifs des UV. Le filtre solaire va absorber le rayonnement à la place de la peau.

À ce jour, il n’existe pas de molécule unique capable d’absorber de façon convenable toute la gamme des UV. Donc les formulations solaires sont en général des associations de plusieurs filtres couvrant des domaines d’absorption différents, c'est-à-dire dire pour couvrir les UVB et les UVA longs et courts.

Ces filtres répondent à des critères très stricts d’abord d’efficacité, de stabilité du filtre par rapport au soleil et aux autres constituants de la formulation. On teste également leurs caractères physico-chimiques et leur toxicité éventuelle par rapport à l’organisme, comme le fait que ces filtres ne doivent en aucun cas traverser la barrière cutanée dans des proportions où ils pourraient atteindre la circulation générale.

Le travail des formulations cosmétiques pour la photoprotection est très important en particulier pour les peaux les plus sensibles à l’agression solaire. Une exposition assidue au soleil sans protection augmente beaucoup les risques de cancers de la peau et surtout accélère dans des notablement le vieillissement de la peau sur les zones exposées.

Les produits cosmétiques autobronzants :

Les alertes lancées par les médecins et les scientifiques sur les dangers de l’exposition aux rayons solaires a provoqué le développement d’une solution alternative au bronzage naturel avec la création de produits cosmétiques autobronzants. Sous des formes variées (crèmes, laits corporels, sprays), ces produits cosmétiques ont, indépendamment de leur texture, un point commun : ils contiennent un principe actif (la dihydroxyacétone ou DHA ou « bronzant artificiel ») qui leur confère une aptitude à provoquer le brunissement.

La DHA interagit, uniquement à la surface de la peau, avec la couche cornée constituée de cellules mortes ayant perdu leurs noyaux. La coloration résulte de la combinaison entre la DHA les acides aminés, molécules présentent partout dans l’organisme. La DHA n’est pas absorbée par le corps et ne présente pas de toxicité pour l’organisme en application cutanée.

Les cosmétiques autobronzants rentrent dans le marché de la dermocosmétologie avec les soins de la peau, les soins capillaires et les produits pour bébé.

5/ Vieillissement de la peau

A : Les radicaux libres et le vieillissement

La réaction d’oxydo-réduction est nécessaire à la vie, elle met en cause un transfert d’électrons d’une substance vers un agent oxydant responsable. La réaction peut-être à l’origine de la production de radicaux libres (entité chimique instable qui peut réagir avec de nombreux composés). Cette extrême réactivité du radical libre peut engendrer une réaction en chaîne avec formation de nouveaux radicaux libres et la propagation d’autres espèces radicalaires. Le terme de « cascade radicalaire » est utilisé. Au cœur de la matière vivante, elle peut aboutir à la destruction partielle ou complète de la structure des cellules et des tissus où le mécanisme s’est enclenché.

La molécule d’oxygène si indispensable à la vie joue alors un rôle nocif.

L’organisme se préserve naturellement contre ces molécules hautement toxiques par des agents antioxydants ou « pièges à radicaux oxygénés libres ». Ces agents antioxydants sont d’une part des enzymes (superoxyde dismutase, catalase, système glutathion-peroxydase), d’autre part des molécules diverses (céruloplasmine, taurine, vitamine E, vitamine C).

On parle de « stress oxydatif » dans le cas d’une déficience ou d’une absence de ces enzymes.

L’équilibre est maintenu entre l’oxygène indispensable à la vie et la formation inévitable de radicaux libres formés lors de l’utilisation de l’oxygène par le métabolisme de la cellule. C’est la condition de l’intégrité et de la survie de la cellule qui est en jeu.

La rupture de l’équilibre se produit dans certaines conditions pathologiques : irradiation, exposition aux rayons UV, à la pollution ou au tabac. La dégradation des molécules engendrées par ce phénomène dans la cellule et de la majorité des structures tissulaires joue un rôle majeur dans l’origine et le développement des réactions inflammatoires, des lésions de l’ischémie et des phénomènes de cancérisation. La participation des radicaux libres dans le processus de vieillissement est particulièrement vraisemblable. Inversement, les radicaux libres peuvent, dans le cas d’une production par des cellules phagocytaires, participer à la destruction des agents infectieux par ces cellules. C’est un mécanisme naturel de défense du corps humain.

Le vieillissement du corps humain est un des facteurs normal mais non négligeable d’un débordement du système de défense.

Les antioxydants sont utilisés : dans l’industrie chimique (empêcher le durcissement du caoutchouc, par exemple) ; la métallurgie (protection des métaux contre l’oxydation) ; l’industrie agro-alimentaire (éviter que les corps gras ne rancissent) ; la teinturerie.

Les antioxydants sont naturellement présents dans l’alimentation : β-carotène (provitamine A, présents dans les fruits et les végétaux comme le poivron, la carotte, l’abricot, etc.) ; l’acide ascorbique (vitamine C, présent dans le citron, les légumes frais, etc.), le tocophérol (vitamine E, présent dans les huiles végétales), les polyphénols et le lycopène (tomate, pastèque, fruits rouges, etc.). Il y a aussi les flavonoïdes (végétaux), les tanins (présents dans le cacao, le café, le thé, le raisin, etc.), les anthocyanes (fruits rouges), les acides phénoliques (céréales, fruits et légumes).

Des minéraux sont antioxydants comme le sélénium (à très faible dose car très toxique) et le zinc.

Les radicaux libres vont s’en prendre aux membranes des cellules de la peau en dégradant le collagène. Le collagène est un des éléments, avec les fibres élastiques, impliqué dans l’apparition des rides.

Les formulations cosmétiques actuelles, en particulier celles des crèmes solaires, renferment des actifs antiradicaux libres. Ces molécules antioxydantes ne pénètrent la barrière cutanée qu’en infime quantité mais cela suffit pour que ces crèmes permettent de limiter les dégâts des radicaux libres oxygénés (superoxyde, hydroxyle, etc.) en jouant un rôle d’écran protecteur. Une des conditions de leur efficacité est une application régulière et une utilisation préventive.

Ces agents antiradicaux libres doivent être efficaces et stables. On les trouve dans des extraits de plantes terrestres ou aquatiques comme la microalgue Scenedesmus du Sahel, la Criste marine ou l’algue Laminaria ochroleuca.

Les antioxydants peuvent être pris sous la forme de complément alimentaire et l'on parle de « cosmétiques oraux » dont le but est d’améliorer l’équilibre physiologique de la peau, des cheveux et/ou des ongles. Ce ne sont que des compléments pouvant avoir un intérêt « beauté » à n’utiliser que dans le cadre d’une alimentation non équilibrée. Un excès pouvant être nuisible à la santé, il faudra toujours prendre conseil auprès d’un professionnel de la santé avant de s’engager dans cette voie.

Les études sur l’utilisation des antioxydants comme protecteur de l’organisme sont discordantes mais elles sont poursuivies pour mieux cerner les effets des différents antioxydants présents dans l’alimentation. Il est cependant nécessaire d’avoir une alimentation riche en fruits et des légumes, sources d’antioxydants, de sels minéraux et de vitamines.

B : Les rides

Description :

La vie se prolonge et avec elle, le souhait de maintenir une apparence jeune. Cet état de fait est à l’origine d’importantes recherches dans la compréhension des changements de la structure de la peau lors du vieillissement. Plus le temps passe, plus la peau se relâche, devenant moins lisse et moins ferme, les rides et les ridules (la ridule est une ride moins profonde que la ride proprement dite) commencent à se creuser créant des tranchées plus ou moins profondes à la surface de la peau.

La surface cutanée n’est pas uniforme et, en fonction des régions corporelles, va présenter une topographie caractéristique de chacune de ces régions. La surface de la peau est donc constituée de sillons, d’orifices folliculaires, de pores sudoripares et de la couche cornée (élément protecteur principal de la peau constituée de cornéocytes, cellules presque exclusivement composées de kératine). La principale fonction des sillons est d’ordre mécanique, permettre en se déplissant (partiellement) une extension de la surface cutanée, de l’épiderme et du derme superficiel. Par leur disposition anatomique, on connaît ainsi dans chaque région du corps les contraintes mécaniques de la peau.

À l'origine d’une ride ou d’une ridule, il y a une rupture des fibres élastiques du derme avec une atteinte du tissu conjonctif. Collagène et fibres élastiques s’altèrent et diminuent sous l’effet de l’étirement répété de certaines zones faisant perdre à la peau sa souplesse.

Les facteurs principaux de l’apparition des rides sont :

Ces facteurs peuvent être aggravés sous l’influence du soleil, du vent, du tabac et du stress.

Rides ou ridules apparaissent pratiquement sur toute la surface du corps avec des régions plus apparentes en particulier le visage, le décolleté et le cou.

On peut distinguer globalement :

  1. Les rides d’expression ou rides dynamiques dépendantes des muscles du visage et que l’on retrouve :
    • au niveau du front ou rides frontales se traduisant par des traits horizontaux ;
    • au niveau de la glabelle (saillie lisse entre les sourcils) avec les rides du lion ou rides inter-sourcillières ;
    • au niveau de l’angle extérieur de chaque œil avec les rides de la patte d’oie ou rides du sourire ;
    • au niveau du nez, résultant des froncements du nez avec les rides du dégoût ou rides de Bunny ;
    • au niveau de la bouche, l’entourant sous la forme de traits verticaux résultant de l’action répétée des muscles autour des lèvres avec les rides péri-orales ou lèvres hyperkinétiques.
  2. Les rides de creusement résultant d’un manque d’hydratation et qui sont liées principalement au vieillissement cutané avec la diminution de l’acide hyaluronique naturellement présent dans la peau responsable de sa bonne hydratation. On distingue trois catégories :
    • les rides allant du nez aux commissures des lèvres ou sillons nasogéniens ;
    • les rides partant des commissures des lèvres et formant un sillon plus ou moins long vers le bas du visage dans le prolongement des sillons nasogéniens, ce sont les plis d’amertume ;
    • les rides partant des coins internes des yeux vers l’extérieur du visage, ce sont les cernes ou vallées de larmes qui sont situés au-dessus des pommettes.
  3. Les ridules sont plus superficielles et peu profondes, en revanche elles sont nombreuses.

Les produits cosmétiques antirides :

Les femmes de plus en plus jeunes utilisent des crèmes spécifiques pour le visage. Les signes du vieillissement cutané les plus redoutés sont les rides d’expression qui signent les crispations quotidiennes subies par le visage. Un autre phénomène commence à prendre de l’importance, c’est l’entrée des hommes dans le marché des produits cosmétiques antirides.

Il n’existe pas de principe actif universel sur les rides mais plusieurs qui ont été découverts au fur et à mesure des travaux d’investigation et de recherche en particulier sur les rides du visage : rides d’expression et rides de vieillesse. Il y a trois types de soins cosmétiques antirides : le Rétinol, les crèmes « Botox-like » et les acides de fruits.

  1. les soins cosmétiques avec le Rétinol. Les crèmes vont renfermer deux principes actifs qui vont agir en synergie : l’acétyl oxo DHEA et le Rétinol pur. Le premier régule la sécrétion des glandes sébacées, la peau devient plus souple, son épaisseur augmente et elle est mieux hydratée. Le deuxième relance la dynamique des cellules de l’épiderme par stimulation de la synthèse des protéines.
  2. les soins cosmétiques par des crèmes « Botox-like », décontractantes. Ces crèmes ont été mises au point pour permettre d’avoir accès à un effet proche du Botox® à moindre coût. L’action de ces crèmes se fait directement sur la contractilité des cellules dermiques. Ces crèmes s’appliquent le soir, pendant plusieurs semaines. L’effet décontractant se traduit par un visage plus lisse en quelques semaines. Elles agissent directement en limitant le flux de calcium dans les cellules à l’origine de la contraction musculaire.
  3. les acides de fruits ou AHA (Alpha Hydroxy Acides) sont naturellement présents dans de nombreux fruits et plantes. Leur intérêt cosmétique est de stimuler le renouvellement cellulaire en provoquant l’élimination des peaux mortes de l’épiderme (desquamation), le remplacement par des cellules jeunes est associé à une stimulation de la synthèse de collagène et d’élastine donnant en profondeur à la peau tonicité et élasticité. Les AHA transforment la kératine de l’épiderme en acides aminés, facteurs d’hydratation et de souplesse. Il faudra choisir en fonction de son type de peau la concentration en AHA la plus adaptée.

Conclusion

La cosmétologie est en évolution permanente avec des études poussées dans le sens d’une cosmétologie dynamique de plus en plus proche avec le vécu du consommateur. Le cosmétique ne protège plus seulement la peau mais l’aide dans sa réparation. De nouvelles méthodes d’évaluation voient le jour afin d’assurer l’innocuité des produits utilisés. Le consommateur doit être guidé et protégé avec l’arrivée de nouveaux produits pour lesquels la frontière entre cosmétique et médicament devient floue. De nouvelles protections juridiques se mettent en place pour contrôler l’efficacité et l’innocuité des nouveaux produits avant leur mise sur le marché.